Jordanie

La Jordanie, le jour où j’ai ouvert les yeux.

Amman et Jerash

Amman et Jerash

En Mars 2015, j’ai pris des billets pour partir en Jordanie. Pour découvrir un pays inconnu, que j’imaginais emprunt de richesses, de cultures et de traditions. Et aussi pour me confronter à moi-même.

Départ le 2 Août 2015, retour le 15 Août 2015. 12 jours, seule, dans un pays du Proche-Orient. J’ai bien chialé la veille de partir. Car partir seule, en Jordanie, pendant 12 jours commençait sacrément à me faire peur, mais c’était demain le grand jour, alors « chut et fais ton sac ». J’ai pris l’avion, comme une grande et putain, c’était certainement une des plus belles expériences de ma vie (de partir, pas de prendre l’avion seule).

Et puis il y a eu les mots de Maman, avant de partir, ceux qui finissent de te pousser.

Je t’aime ma fille, tu me ressembles mais en plus fort !! Prends-en plein les yeux !!

Paris Charles de Gaulle – Istanbul – Amman.
Arrivée à Amman, à 1h du mat, sans bagages (ça ne durera que 3 jours). Rapport au retard du premier avion, du sprint entre le premier et le deuxième dans l’aéroport d’Istanbul. Je débarque donc dans la capitale de la Jordanie avec un sac à dos : une culotte, un appareil photo, un chargeur d’iPhone, une GoPro (sans chargeur), un iPhone, des écouteurs, des biscuits, un passeport, de l’argent. Le minimum vital. Combinaison et Bensimon aux pieds, je me dis que ça aurait pu être pire. C’était avant de sortir de l’aéroport et de me faire accabler par les 38° ambiant à 1h du mat.
Mais je m’en fous, total, j’ai le sourire d’une enfant un matin de Noël. J’y suis. Après plusieurs mois à avoir saoulé tout le monde, j’ai mes pieds en Jordanie. C’est parti pour l’aventure.

Amman

Premier réveil, la vue de l’auberge où je réside m’offre la Citadelle et les ruines du temple d’Hercule, au loin, sur un plateau d’argent. À vol d’oiseau, ça semble vraiment près. Après 1h30 de marche, des escaliers montés au milieu des ruines, des litres d’eau bus, je me dis que je suis loin d’être un oiseau.
Je découvre la Citadelle, donc, les ruines du temple d’Hercule, une main de colosse (il aurait fait visiblement 30m si l’on se réfère à la taille de sa main). Au loin, on s’abreuve des collines d’Amman. Des petits bâtiments à perte de vue, les collines montent et descendent à l’infini.

Je file au Théâtre Romain, des marches encore, que je n’aurai pas le courage de monter. Ce lieu antique accueille des concerts et autres événements. C’est assez drôle de se dire que la tradition du spectacle ne se perd pas.

 
Je tomberai par hasard sur le plus vieux et meilleur vendeur de fallafels de la ville (à en croire Lonely Planet et les Jordaniens) dans l’après-midi : Hashem. Ce sera mon QG pour le reste de mon séjour à Amman.

Le soir, je me délecte du souk d’Amman. Les gens vous regardent beaucoup. Normal en même temps, je suis une femme, seule, européenne, et je souris à tout va. Tout sent bon, les gens sourient. Je découvre le jus de canne à sucre. Étrange, sucré, collant, désaltérant. Un goût de reviens-y, comparable à rien d’autre.

Au détour d’une rue, je vois des Jordaniens, faire la queue. Au bout, une petite cabine, juste à côté une petite « pâtisserie ». Il n’y a pas d’étrangers ici. Je fais la queue, tout le monde me regarde en souriant. Mon tour arrive et comme je ne sais absolument pas ce que les gens mangent je sors un merveilleux « I just want to eat ». Contre 0,25 JD, je dégusterai, dans la rue, avec les gourmands du quartier, le meilleur Knafeh de toute ma vie et de toute la Jordanie. Au moins.
Une sorte de crème à base de fromage, recouvert de kataifs (des cheveux d’ange) mixés ou non, enduit généreusement de beurre. Après cuisson le tout est généreusement arrosé de sirop et saupoudré de pistaches. L’inspiration est libanaise si je ne me trompe pas. C’était une tuerie.

Le retour à Amman se solde par une ballade dans la ville, la visite du rooftop, qui offre visiblement la meilleure vue d’Amman, et un Spritz bien mérité.
 

Mon premier lever de soleil à Amman, sur le toit de l’auberge. Silencieux et sublime, même si le ciel semble poussiéreux et chargé, on sent la lumière se lever et embrasser la ville.

Amman est une ville assez impressionnante. Disposée sur 7 collines, elle donne l’impression de se dresser à l’infini. Les immeubles ne sont pas très hauts. Je n’ai vu que très peu de très grandes tours comme l’on peut voir chez nous. Ici, il y a un amoncellement de petits immeubles, pratiquement collés les uns sur les autres. Construits tout le long de chaque colline, on dirait qu’il n’existe aucun espace entre elles quand on y regarde de loin.

Les routes y passent à travers, en lacets et quelques escaliers nous permettent de se rendre d’étages en étages. Ça fait les fesses et les cuisses.

Me voilà partie découvrir le Jordan Museum. Un concentré d’histoire où l’on peut voir les différentes cultures et civilisations qui font de la Jordanie ce qu’elle est aujourd’hui. Une grande partie du musée est dédiée à l’écriture depuis son origine. Fascinant. Un petit crochet à la mosquée Abu Derwish, sublime et originale !

Un petit truc drôle que j’ai appris à Amman : les feux d’artifice.
Tous les soirs, un ou plusieurs feux d’artifices ont été tiré à Amman. Ici, c’est presque normal. Tu as eu ton « BAC », hop un feu d’artifice, un mariage, hop un feu d’artifice et j’en passe.

Jerash, antique cité gréco-romaine de Gerasa

L’avantage quand on voyage seule, c’est qu’on rencontre très rapidement du monde. Deuxième jour, je pars à Jerash avec une fille rencontrée à l’auberge.

On part donc découvrir cette ancienne cité romaine. Il y a des emprunts et des ajouts hellénistes, corinthiens, turcs même. Elle abritait un hippodrome, plusieurs temples dont un dédié à la déesse Artemis, plusieurs églises et autres sanctuaires. J’ai d’ailleurs pu constater au sein du théâtre romain que la cornemuse était un instrument qui se jouait aussi ici ! Entre les différents temples, les anciennes églises et les colonnes, on imagine une vie pleine de commerçants, de gens qui rient, d’enfants qui courent et qui crient.