Jordanie, Petra

Se découvrir dans l’immense

Petra et le désert du Wadi Rum

Petra et le désert du Wadi Rum

J’ai quitté Aqaba, la mer rouge et le sud du pays, le cœur lourd, l’âme pleine de souvenirs mais emplie d’une excitation incommensurable. J’allais rejoindre Petra et le désert du Wadi Rum !

Bon, ça juste été un peu entaché par le trajet en taxi entre Aqaba et Petra où j’ai cru que j’allais mourir environ 1 000 fois. Pas de ceinture, téléphone au volant, tout et n’importe quoi et mon chauffeur n’était vraiment pas prudent. Deux heures à flipper au milieu de la vallée des rois. Mais un décor sublime pour m’accompagner dans cette mort proche ! Des camps sont installés au milieu de rien. Des pierres, des chèvres, des chameaux, quelques ânes et quelques hommes. Je pense qu’ils se nourrissent de cailloux, je ne vois pas d’autres solutions !

Petra

Dans la liste des souvenirs merveilleux il y a deux souvenirs à Petra qui m’ont tétanisé de bonheur. Quand je suis arrivée à Petra, il était 17h et c’était un des soirs où l’on pouvait visiter Petra by Night (enfin une partie, le site est colossal). Une marche d’une trentaine de minutes, presque silencieuse, juste derrière le guide. Une émotion sans pareille m’a tout simplement envahie. Des centaines de lanternes tracent le chemin à travers les montagnes, et tu arrives au « Trésor » et là, centaines de lanternes qui l’illuminent. Tu le distingues, le devines, sans vraiment en voir toutes les innombrables facettes. Thé, musique, recueillement, et tu rebrousses chemin pour une courte nuit de sommeil pour la découvrir de jour, la Magnifique.

À 8h du matin, le lendemain, j’étais sur la route que j’empruntais la veille pour découvrir Petra. Cette ancienne cité nabatéenne est à couper le souffle. Découvrir ensuite cela de jour à une toute autre saveur. C’est grandiose vraiment. Le premier jour je suis montée en haut du site pour voir le « Monastère ». Là encore, en vrai on hallucine, c’est tout bonnement hors de tout spectre contemplatif.

Mais mon meilleur souvenir reste le deuxième jour où j’ai continué d’arpenter les innombrables marches, découvrir des caves, d’anciennes églises byzantines et tomber sur un bédouin en âne qui me dit de le suivre, crapahuter pendant 40min dans les roches, escalader presque parfois, croiser un lézard bleu et arriver en haut des montagnes, avec une vue surplombant le « Trésor ». Tout le monde n’y va pas. Parce qu’il faut connaitre ce chemin. Le bédouin tout en haut m’a sorti un « tranquille Emile » et là je me suis dit, qu’il avait tout compris.

Quand il a fallu quitter Petra et notamment s’engouffrer dans la ruelle en laissant le « Trésor » dans mon dos, j’y suis revenue deux fois, j’ai mis 15 minutes à partir en me jurant de revenir. J’ai rarement eu autant de mal à partir d’un endroit.

J’ai dit aurevoir à Petra pour rejoindre le désert du Wadi Rum. Dans la nuit de transition avait lieu ce que l’on appelle « La pluie d’étoiles filantes ». Il paraît que c’est entre 3h et 4h qu’on les voit le mieux. Je me suis donc levée à 3h30 pour les admirer, entre le crépuscule et l’aurore. Par centaines et par milliers, elles ont illuminé ma matinée avant que je me dirige vers le Wadi Rum.


 

Le désert du Wadi Rum

J’ai été accueilli par un guide bédouin avec qui j’avais conversé via WhatsApp avant d’arriver : Atayek. Il m’a fait visiter le désert toute la journée, montré les endroits merveilleux, fait grimper une immense dune. Je ne sais pas si tu as déjà été dans le désert, mais moi c’était ma première fois. Entendre le vent, et rien d’autre. Le désert à perte de vue, des montagnes gigantesques, des escapades entre des montagnes, un déjeuner à l’ombre de rochers, une sieste de plusieurs heures paisible et nécessaire, une chaleur supportable, un recueillement de chaque instant. Les oiseaux et les petites bêtes la nuit.

C’était complètement dingue. Et là, bah j’y étais. J’ai pleuré en entrant dans le désert (je suis très émotive comme fille). On a passé un long moment avec des bédouins qui ne parlaient pas un traitre mot d’anglais. J’ai rien compris, mais je n’ai jamais été aussi heureuse de ma vie. Le soir, j’ai observé la voie lactée. Pour la première fois de ma vie, je la voyais si forte, plein de milliards d’étoiles, remplie d’étoiles filantes grosses comme des petites météorites. C’était dingue. J’ai dormi comme je n’avais jamais dormi. À la belle étoile, car j’ai refusé de dormir dans une tente. La nuit la plus paisible et la plus douce de ma vie. J’étais tellement impressionnée par la vue des étoiles que mon esprit m’a réveillé plusieurs fois pour que je les matte dans la nuit.

Je me suis levée tôt pour observer le soleil se lever sur le désert. Encore une fois, c’était dingue. C’était difficile de partir car ce départ marquait aussi mon départ de Jordanie.